Suite de la première partie ici…

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Dans ce train, la suffocation liée à la chaleur qu’il y régnait par cette journée caniculaire de l’été 1992, le rendait somnolent. Son esprit s’égarait, se risquant à dresser un bilan plutôt mélancolique de sa vie. Mais il eut la chance de chasser vite cette pensée désagréable de son esprit, la gare de Trastevere sonnait son arrivée sur les lieux de l’accident suspect, bien que malheureux… Plus le temps de rêvasser, la raison de sa présence ici reprit le dessus pour dominer tout son esprit. L’assuré avait déclaré que son voisin avait reculé brusquement dans son allée de jardin, cognant la remorque sur laquelle son scooter marin était installé. Celui-ci, non scellé par les sangles dédiées, avait basculé sur la moto Harley-Davidson appartenant au même assuré, laquelle avait à son tour basculé sur un appareil photo neuf posé justement au sol, à côté de la dite moto. Tout cela était bien suspect… mais aussi mortellement ennuyeux.
Giovanni vérifia la bonne position de son chapeau, et se glissa aussitôt sur le quai, dans la peau de l’enquêteur qu’il était. Bien qu’il se débattait avec lui-même pour condamner son passé aux oubliettes, les traces de l’inspecteur John Steed qu’il s’amusait à jouer enfant, étaient toujours là. Les mimiques et la démarche qu’il s’était exercé à copier pendant des mois entiers s’étaient imprégnées en lui. A la manière de replacer son chapeau, et glisser sa main sur son rebord, il reprenait inconsciemment les gestes qu’il préférait en cet espion…
Arrivé sur les lieux, il balaya ses préjugés sur cette histoire incongrue d’un profond soupir. Il n’était pourtant pas évident d’éviter de porter un jugement sur la scène de chaos qui dominait la pelouse de cet assuré douteux. Au-delà des trois objets cités dans sa déposition, il y avait ici et là des jouets par dizaines. Chaque centimètre carré de pelouse était colonisé par des pièces de construction pour enfants, des vêtements de poupées, des accessoires de dinettes, des dominos, des lettres aimantées. Il se déplaçait de manière délicate esquissant des gestes de pantin désarticulé tentant de ne pas cogner dans ces objets. Certains d’entre eux arrivaient néanmoins à se glisser dans ses rainures de chaussures, ou dans l’ourlet de son pantalon en toile.
Finalement, l’entretien avec le voisin finit par le convaincre que seul son immense désordre était le responsable de cet accident…
Sur le trajet du retour, Giovanni se surprit à constater le nombre étonnant de coïncidences entre le désordre extérieur de cet inconnu, et la grande confusion qu’il cachait dans son esprit. Lire la suite »