Les 4 murs de mon paradis

large (2)Des mois que je reste enfermé chez moi, en tête à tête silencieux avec mon chat. Ce matou doit m’avoir dépassé en âge si on en croit les légendes occultes, mais je pense que je suis devenu un bon conccurent concernant la paresse. Des mois que je reste cloîtré entre mes chers quatre murs, c’est à peine si je m’offre un bain d’air pur lorsque je m’autorise à aller les quelques mètres carrés de mon balcon. Souvent, à la nuit tombée, je laisse mes pieds nus glisser sur la peinture rose écaillée sur le sol. La lumière vacillante de ma cigarette sur laquelle je tire avec délectation est alors la seule source lumineuse à deux kilomètres à la ronde. Derrière les bois qui me protègent du reste du monde, j’observe ces gens qui semblent mener une vie aussi normale que le monde semble l’attendre.

Je suis désormais un ermite qui survit grâce au monde magique d’internet. Surfer, cliquer, commander, réceptionner, et ce sans presque jamais lever ses fesses. J’aimerais dire que c’est arrivé un matin, sans crier gare. J’aimerais m’appuyer sur une justification médicale, un agoraphobie soudaine suite à un choc psychologique. Mais non, je n’ai pas ce luxe. Peu à peu, en vieux garçon solitaire, j’ai commencé à arrêter de me forcer à sortir, rire, et parler avec des gens inintéressants. Les exceptions que je m’accordais comme un plaisir égoïste et solitaire sont devenus des habitudes, et les habitudes besogneuses sont devenues des exceptions. Je n’ai aucun mérite, même pas celui de rendre ma vie vivable par un travail à distance… Des virements miraculeux viennent renflouer mon compte sans que je ne demande rien à personne.

Les gens auxquels je rendais visite par devoir se sont mis à faire la même chose avec moi. Au vu de leurs airs coincés et obligés, je me sens plutôt bien d’avoir cessé l’hypocrisie. D’ailleurs il semble que mon mode de vie les ai inspirés. Aujourd’hui, la son assommant de la cloche d’entrée ne retentit plus.

Ce beau monde que je m’étais inventé n’est qu’en fait un château de cartes… Combien de temps puis-je encore tenir ainsi ?

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Un commentaire sur “Les 4 murs de mon paradis

  1. Parfois il est plus que nécessaire de se couper du monde pour se retrouver et s’apprivoiser. Parfois on s’oublie :) Jolis mots en tout cas.

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