Turbulences

Cette semaine avec son atelier “Une photo, quelques mots”, Leiloona nous offre la possibilité de laisser divaguer notre imagination sur un très beau portrait de Kot.
Rendez-vous sur son site bricabook.com pour avoir accès aux différents récits, et bien d’autres choses !

Son poing est sérré comme si elle se préparait au combat.
Je sens bien qu’elle ne fait qu’osciller entre angoisse et révolte, crainte et résistance. Je suis là, impuissant, passif, témoin de ses perpétuelles hésitations. Depuis 10 minutes elle est prostrée ici, au milieu de la rue, perdue dans ses pensées, à se questionner sur ce qu’elle doit ou ne doit pas faire. Je tente d’attraper son regard, mais en vain. Alors je l’observe, je guette ses gestes, la direction de ses pieds, ses manies inconscientes.

Mes sentiments pour elle sont confus. Je la connais depuis si longtemps, que j’arrive à un point où notre relation m’apparaît complexe, floue. Depuis toujours, je l’écoute pendant ses moments de détresse, ses instants de tristesse.
Elle ne connait pas la joie, elle dit qu’elle a besoin de moi, mais chaque fois, je ne vois que des larmes sur ses joues, et aucune chaleur dans ses yeux. Jamais je ne l’ai vue sourire. C’est à cause de çà que j’hésite à la laisser tomber, là tout de suite. Ca peut paraître brutal, mais je suis moi aussi en proie à de grandes turbulences.

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Voyez au-delà du chlore, les larmes sur mes joues.

Dans la tête de Laure Manaudou, J.O. de Pekin 2008

Je suis lourde, je suis lente, je coule, j’avance plus.

Mais non, ressaisie-toi. Tu te montes la tête parce que t’as raté trois courses ! T’as connu pire, non ? Non ? Bon, il faut une première fois à tout ! Tu surmonteras ! Rien n’est perdu, il te faut juste plus d’entraînement ! Plus de foi : aies foi en toi ! Jusqu’ici tu as toujours eu un objectif en tête, tu t’es toujours sentie épanouie dans ce que tu fais, pourquoi çà s’arrêterai maintenant ?

Et si çà s’arrêtait justement ? Trois courses complètement échouées. Je n’ai qu’une envie c’est allez me cacher dans les vestiaires pour pleurer. Avec cette image de championne qu’ils m’ont tous collée sur le dos, je ne peux même plus verser une larme sans me retrouver en déconfiture à la une des journaux. Mais je veux hurler, partir, pleurer, cogner !! Je veux disparaître ! Ils ne me laisseront jamais faire… Pourtant ils devraient comprendre, ils devraient voir que l’eau me barre la route à chaque fois que je tente de l’empoigner. Merde, putain, j’ai envie de tous les jeter dans cette flotte. Qu’ils soient tous saisis de stupéfaction !

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Très belles fêtes de Noël !

Qui se réjouit de l’arrivée de l’hiver

Veut avant tout s’émerveiller les yeux

Des jolies couleurs mises en lumière

Douceurs éphémères offertes par ce mois neigeux

Sucrés, Salés, les plaisirs sont aussi dans le palais

Exprimez votre appétit : ne soyez pas honteux

Votre estomac réclame la délicatesse des grands mets

Gourmandise et désir n’ont rien de sérieux

Cédez au plus grand des pêchers sans culpabiliser !

Un aller simple pour la Lune ?

” – Un aller-simple s’il vous plaît, oui, juste un aller-simple pour la lune. Cela suffira.

- Mais Madame… “

Madame !! Et puis quoi encore ! Monsieur, s’il vous plaît ! Mais je me retiens de retenir cette erreur de jugement la voyant

Voilà qu’elle avait la bouche bée celle-là, comme si je lui demandais l’impossible !

Ne voit-elle pas que tout a changé autour d’elle ? Comment peut-elle ne pas avoir senti le spasme inattendu et brutal, qui nous a porté dans un tout autre monde ?

En portant le regard au-dessus de sa tête, je constate qu’ils sont une dizaine à me fixer avec un air ahuri.

Ils seraient donc tous restés totalement insensibles à ce bouleversement, aussi monumental et magistral soit-il ?

Il est certes inexplicable mais les faits sont là, et je n’ai pas l’intention de perdre mon temps à tenter de comprendre quoique ce soit.

Soudain, face à ces regards qui semblent me fouiller de l’intérieur, une idée me traverse l’esprit. Seraient-ils tous devenus fous d’ignorance ? La bêtise les aurait-elle lobotomisés, à tel point qu’ils ne s’apercevraient plus de rien au-delà de leur petite vie ?
J’aurais dû m’en douter plus tôt… Depuis que je clame haut et fort que quelque chose de grand guette l’humanité. Prophète d’un changement majeur de tout ce que nous connaissons, j’ai eu le temps de me préparer, de me projeter dans des centaines d’hypothèses. Quand j’y pense, je n’avais tout de même pas prévu que la lune se rapprocherait autant de la Terre, et que le goudron ne serait plus sensible à la force de l’attraction. Je n’avais pas pensé que le fer, et le plastique perdraient pieds pour se retrouver flottants. Lire la suite »

J’adore la vue !

- J’adore la vue !

- N’est-elle pas fantastique ?

- J’adore la vue, vraiment !

- Ah, mais vous pouvez mon ami !

- Mais comment avez-vous découvert cet endroit avec cette vue ?

- Je veux bien vous y emmener mais certainement pas vous dévoiler mes secrets ! Pourquoi vous aurais-je bandé les yeux pendant le trajet si ce n’est pour préserver ce chemin connu de moi seul ?

- Comme je vous comprends. Je ne saurais assez vous remercier de me faire partager cette vision angélique car encore une fois : J’ADORE LA VUE ! Lire la suite »

Magie et Fantasme, part 2

Suite à mon premier essai la semaine dernière, je remets çà aujourd’hui avec la suite de mon histoire enchantée…
Les contraintes sont les mêmes, “Des Mots, Une histoire”, c’est Olivia via son blog “Désirs D’histoires” qui est la maîtresse de ce bal de textes en tout genre…

Les mots imposés pour l’édition 50 de Des mots, une histoire sont :
mécréantcertificatdouchebisesgivréglutenadresserafaletendresseexcusebruirecatastropheautarciepercevaporeuxrugbydécouverteivressepossiblecarteintimitéespièglepileprièrepagelicorneaphrodisiaque

Elle en était à sa dernière correspondance, attendant sur le quai, un gros sac accroché à chaque bras. Pourquoi se chargeait-elle toujours autant ? L’un des sacs était tellement lourd qu’elle eue l’impression, le temps de quelques secondes, qu’il allait lui casser le bras. Elle commençait déjà à sentir son épaule gauche la faire souffrir. Son sac à main n’était pas en reste. Chaque jour lesté de nouvelles choses glanées ici et là, il finissait par peser une tonne. Elle sentait des cloques se former sur les doigts, aidées dans leur entreprise par le froid ambiant.
Enfin son train arriva. Le temps de glisser sa carte de transport dans sa poche, et elle y monta.
En prenant soin d’exprimer ses excuses à chaque personne bousculée par ses paquets, elle réussit à se faufiler jusqu’à une place assise. Le siège accolé était vide, ce qui lui permit d’y poser ses affaires.
Le train réveillait chez elle des sentiments contradictoires oscillant entre curiosité, voyeurisme, et envie de fuir. Elle se plaisait à jouer au jeu de la découverte, à imaginer toutes les pensées possibles qui traversaient ces esprits aux visages inconnus. Alors, au milieu de la foule, elle avait l’habitude de jeter ici et là des regards espiègles pour voler quelques miettes d’intimité à des inconnus. Tout consistait en lui-même un indice, aussi petit soit-il.
En ce début d’après-midi, la magie de Noël qui l’enchantait depuis le matin avait pourtant bien failli virer à la catastrophe. Lire la suite »

Magie et fantasme

Olivia propose via son blog un jeu d’écriture qui consiste à écrire un texte à partir d’une liste de mots collectés ici et là auprès de ses lecteurs. Ceci est donc ma première participation à l’atelier “Des Mots, une histoire”.
Les mots imposés pour l’édition 49 du jeu Des mots, une histoire sont :
tulipe – éléphant – calendrier – hiberner – panser – cachemire – romantique – réceptacle – malmener – féerie – sapin – possession – voyage – fondre – larme – esclavagisme – éphémère – lumineux – relèvement – santon – silence – chanter – frimas – métro

Elle avait des cheveux d’or qui lui tombaient sur les hanches. Une épaisse frange donnait une touche de coquetterie à son visage très peu maquillé. De grandes lunettes de vue noires lui en cachaient d’ailleurs une partie. En l’observant attentivement, on ne voyait finalement que cette chevelure aux couleurs des blés, et ces lunettes imposantes. Aucune émotion ne la trahissait au travers de ces artifices féminins. Elle représentait finalement la parfaite image de la femme d’affaires : froide, et rigide.

Pour elle, tout cela ne lui servait qu’à camoufler sa véritable identité : celle d’une âme d’enfant dans le corps d’une trentenaire. Encore aujourd’hui, ses yeux s’illuminaient de mille et une étoiles à l’approche de Noël. Certes, elle ne croyait plus en l’existence de l’homme au costume rouge, mais elle n’avait jamais cessé de sentir l’esprit de Noël l’envahir à chaque 1er Décembre. Elle s’émerveillait des arbres lumineux qui donnaient à sa rue des airs de fête. Alors que la neige contrariait la plupart des gens, elle la mettait en joie. Elle aimait voir les stalactites fondre. Ces larmes de la nature ne faisaient que renforcer son amour de l’hiver. Les sapins qui habillaient les trottoirs de la ville mettaient son coeur en émoi. Elle voyait en eux le symbole unique de Noël : chaque sapin étant adopté par une famille qui lui apporterait chaleur, couleur et lumière.

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L’amoureux solitaire

Cette semaine, avec son atelier “Une photo, Quelques mots” Leiloona nous offre un portrait de dos, qui peut emmener l’imagination très loin. Je suis sûre que les textes de cette photo seront très différents les uns des autres… La lecture risque d’être très intéressante. Rendez-vous sur le site bricabook.com pour avoir accès aux différents récits !

Il est bien là, pas de doute possible. Pourtant, depuis un temps infini, il s’est perdu. Et ce n’était pas prévu, bien que prévisible…

On lui avait dit que cette journée était une excursion culturelle particulière. On l’avait prévenu qu’il allait croiser des visages historiques, des paysages magnifiques. Il avait soigneusement préparé son sac en le fourrant de carrés de jus d’oranges et de biscuits au chocolat. Il en avait pris plus de raison, il le savait. Mais il valait mieux prévoir. Si jamais il se perdait à nouveau, il aurait toujours de quoi survivre quelques jours. Et puis, il n’avait pas oublié de prévenir son meilleur ami qu’il allait découvrir “des oeuvres spectaculaires”. D’ailleurs celui-ci avait été tellement curieux qu’il avait insisté pour venir l’accompagner. Max avait alors cédé à ses exigences, au dernier moment, cinq minutes avant de partir. Il l’avait attaché à son sac à dos de manière à ce qu’il ne rate rien de l’exposition. D’ailleurs il avait bien fait parce que comme il se plaisait à le répéter, son meilleur ami avait toujours la banane : la couleur sur la peau, et le sourire en permanence… Ce “sens de la formule” dont il se plaisait à se vanter le faisait beaucoup rire.

Moins ses proches, qui voyait en cette peluche un encombrement augmentant chaque jour un peu plus leur exaspération. Mais que faire ? Ils ne pouvaient que céder à Max s’ils ne voulaient pas subir des crises de nerfs interminables. Cette peluche n’était qu’une de ses exigences parmi tant d’autres. Et celle-ci n’était pas la plus terrible. Relativiser est un mot avec lequel ils ont appris à vivre depuis qu’il était dans leur vie.
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Les imbéciles… et moi, et moi, et moi…

Photo de Kot

Mais que font les gens aujourd’hui ? Quelle est donc le gaz qui a rendu leur esprit si stupide ? De mon époque, on prenait grand soin à s’habiller, on s’apprêtait même pour aller acheter le pain. Le foule est un ensemble de spectateurs permanents au spectacle que l’on veut bien leur offrir. Si tout le monde voyait la vie comme je la vois, sous cette angle, qui ne voudrait pas être applaudi ? Bon, certes, j’avoue, personne ne m’a jamais ovationnée en me voyant, mais c’est parce qu’il n’osait pas. Je suis certaine qu’inconsciemment, on y a déjà pensé. Lire la suite »

Portrait chinois, si j’étais…

Un petit portrait chinois pour changer des rêveries de ce blog…
Olivia m’y a invitée et c’est avec badinage que je m’en vais de ce pas y répondre. D’ailleurs je vous invite à visiter son blog d’écrivain de suite !

1. Une planète ?
Saturne, ses anneaux m’ont toujours fait rêver… Je me suis toujours demandée si de la planète, on voyait bien ses anneaux. Sans compter tous ses nombreux satellites autour, qui bien que grand à l’échelle de la Terre, sont ridicules à l’échelle de Saturne (qui fait 9 fois la taille de la Terre…)

2. Une friandise ?
Du chocolat, bien sûr. Et au lait, pêché gourmand du moment… Je ne supporte pas trop les bonbons, il n’y a que le chocolat qui peut me faire craquer sans compter.

3. Un objet technologique ?
Un casque d’écoute, mon objet fétiche du moment, pour m’isoler dans la foule, et m’offrir un moment de solitude très appréciable, avec la musique que j’aurais choisi, et toujours en adéquation avec mon état d’esprit. J’aurais pu dire un lecteur de musique, mais je n’en ai pas. Tout est dans mon téléphone multifonctions.

4. Un opéra ?
Je n’aime pas trop l’opéra… Non, c’est faux de dire çà. Disons plutôt que je ne connais pas assez pour pouvoir en citer…
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